mai 12

Bonjour à tous.Il est temps d'être heureux
Aujourd’hui je vous livre la suite de mon récit d’hier…
C’est parti…!

Et puis, ce léger bug dans ma tête, à l’instant où tout à enfin basculé, où tout en devenu limpide. JE devais faire ce sacrifice pour vivre. J’ai alors repris ma tirade…

  • Ce matin, nous avons discuté. Tu t’en souviens ?
  • Non ?
  • Nous avions envisagé de faire l’amour ce soir.
  • C’est vrai.
  • Tu vois, tu as tout gâché.
  • Pourquoi ?
  • Comment ça pourquoi ?
  • On peut très bien faire l’amour…
  • Es-tu vraiment sérieuse ? Je crois que t’as vraiment un grain. Il y a trente secondes je te parlais de quitter la maison, tu me méprisais du plus profond de ton être, et là, tout de suite, tu voudrais qu’on fasse l’amour ?
  • C’est ça !
  • T’es complètement malade !
  • Pourquoi ?

Allez savoir pourquoi, c’est là que j’ai réalisé que c’est elle qui avait raison. Elle avait choisi de ne prendre que ce qui l’intéressait pour ne pas dire ce qui lui donnait du plaisir, parce que c’est bien ce qui s’était passé avec son amant…

J’ai alors pris une décision surprenante sur le moment. J’ai accepté l’idée…, l’idée d’en faire autant.

  • Tu veux dire que là, tout de suite, si je te demande de faire l’amour avec moi tu vas accepter ?

Un sourire c’est alors accroché à ces lèvres et moi j’ai enchainé :

  • Très bien. Finalement, c’est toi qui as raison. Pourquoi je me priverai de ça. Moi aussi j’ai droit au plaisir. Je t’attends dans la chambre dans cinq minutes.

Encore sceptique quand à la réaction de ma femme, quelque peu incrédule, je me suis dirigé vers la chambre à coucher dans l’attente d’une hypothétique venue.
C’est précisément cet instant qui a vu mon univers se transformer brutalement. Elle est entrée dans la chambre, toujours aussi belle, toujours aussi désirable. Mais cette fois-ci, il y avait quelque chose de différent. Pas en elle, mais en moi… Quelque chose s’était cassé. Je ne serais plus jamais le même…

Elle s’est avancée avec un léger sourire aux lèvres, puis s’est allongée sur le lit, avec cette attitude victorieuse de celle qui pense maîtriser la situation. Il allait en être tout autrement…

  • Très bien Claire. Comment agit-on ?
  • Je passe dessus.

J’ai soudain ressenti ce besoin de reprendre le contrôle des choses.

  • Stop !

Sourire crispé de sa part qui s’efforce de ne rien laissé paraitre de sa surprise.

  • Tu ne veux plus ?
  • Au contraire. Mais à présent, je vais changer les règles.
  • (silence)
  • A partir d’aujourd’hui, je ne suis plus ton mari, tu n’es plus ma femme.
  • Le Fred que tu connaissais est mort. Tu l’as tué. La Claire que je connaissais est également morte pour moi. Mon passé est mort. Si nous faisons l’amour, ce sera à mes conditions. Ce soir je fais l’amour à une inconnue. Ce soir j’ai presque l’impression de tromper ma femme.

Vous me croirez si vous le voulez, mais j’ai eu la très forte impression que tout cela la stimulait . Pour ne rien vous cacher, ça me mettait dans le même état. Une sorte d’excitation que je n’avais pas ressentit depuis…, depuis… je ne me souviens même plus de la dernière fois que j’ai ressentit cela. L’excitation mêlée à la colère et à l’envie de dominer ma partenaire. Je me sentais revivre.
Le regard noir et caustique que je lui lançais, la transformait lentement en une femme que je ne connaissais pas. J’ai lu à nouveau le désir dans ses yeux, l’envie de prendre du plaisir sans retenue. J’avais sans doute le même lorsque j’ai attrapé ses cheveux pour plaquer sa tête contre mon torse alors que sa langue s’activait sur ma poitrine. Indescriptible cette sensation de bien-être, de bonheur plus ressentie depuis trop longtemps. Nous avons fait l’amour longtemps, de façons intense. Nos orgasmes se sont mêlés puis elle s’est finalement effondrée sur moi, épuisée par notre acte d’amour. Je ne sais pas ce qui m’a pris ensuite lorsque je lui ai lancé :

  • Alors, bon coup ou mauvais coup ?

J’ai pu voir dans ses yeux traverser une lueur de désespoir… Puis elle m’a répondu avec un peu de retard :

  • Bon coup. On va peut-être finalement réussir à sauver quelque chose.
  • De quoi parles-tu ?

J’étais encore dans les vapeurs de l’extase passée lorsque je l’ai regardée. C’est là que j’ai compris que les choses ne seraient plus jamais les mêmes.

  • Tu parles de sauver quoi ?
  • De nous.
  • Tu ne comprends pas ? Il n’y a plus de NOUS. De toutes façons, Ce passé n’existe plus pour moi. Il n’est absolument pas concevable de conserver ou bien même d’espérer reconstruire quelque chose sur des bases pourries. Il est clair à présent que tu ne me connaissais pas et que la réciproque était également vraie. Tu es morte avec mon passé. Ce soir j’ai fait l’amour avec une inconnue et j’ai aimé ça. Comment te dire ça plus simplement. J’ai vraiment trippé ! J’ai enfin senti un retour chez une femme à qui – à en juger par tes expressions et tes soupirs d’extase – j’ai donné du plaisir. Tu m’as montré, et dieu sait que j’en avais vraiment besoin, que j’en étais capable. Aujourd’hui, de nouvelles perspectives s’ouvrent à moi. C’est toi qui avais raison. Tu justifiais ta trahison par le simple fait de dire que cela était du domaine de l’irraisonnable. Je ne cautionne pas ça. Par contre lorsque tu me disais ne pas avoir envie de rejeter ou de résister à cet appel du plaisir, je dis oui. Allons-y. Aujourd’hui, c’est ma renaissance. Considère ce qui s’est passé ce soir comme une rencontre, un premier rendez-vous. Tu en veux-plus ? Alors il faudra me séduire, me donner envie d’en apprendre plus sur cette femme que je ne connais pas. Si tu estimes que tu n’as pas à faire cet effort, je considérerai que tu ne souhaites pas continuer. Encore une fois, je te remercie. Tu avais raisons ! Qu’il est agréable de pouvoir prendre ce que l’on souhaite sans ne plus avoir de compte à rendre à personne… En tout cas plus à toi. Je suis heureux. Je vais suivre ton exemple et aller butiner ailleurs. Pourquoi me priver de plaisirs ou de passions fortes alors que plus rien ne m’en empêche. Tu m’a ramené à la vie !

Au fur et à mesure de mes explications, je voyais son sourire s’effacer lentement. Elle qui pensait pouvoir agir sans se soucier des conséquences et faire comme si de rien était. Elle qui était persuadé que l’amour de son mari lui était éternellement acquis, quoiqu’elle lui fasse, qu’il lui pardonnerait tout, même les pires souffrances qu’elle lui avait infligées sans jamais s’inquiéter de la façon dont il y survivrait, voire même s’il y survivrait…

  • Claire, J’ai compris ton message. Tu ne m’appartiens pas. JE ne t’appartiens pas non plus. Je suis libre. Je veux à nouveau sentir le désir d’une femme pour moi. Je veux à nouveau séduire, plaire à d’autres femmes. Je veux vivre. Me sentir vibrer sous les doigts d’une femme. Je veux de la complicité, de la tendresse et de l’amour. Je veux simplement exister dans les yeux d’une femme qui saura me faire donner le meilleur de moi-même. Merci de m’avoir ouvert les yeux… Je ne dis pas que tu ne seras pas cette femme. Tu dois simplement comprendre qu’à présent, tu n’es plus la seule sur la ligne de départ. Gageons que notre petit moment de plaisir te donne une légère avance sur tes concurrentes…

Un peu sonnée, elle s’est soudain collée à moi, comme si elle venait de réaliser les dégâts qu’elle avait  causé, comme s’il elle comprenait enfin qu’elle m’avait peut-être définitivement perdu.

  • Claire, tu as ouvert la boîte de pandore. Tu te dois d’en assumer les conséquences.

Elle est resté collée à mon corps pendant toute la nuit, comme pour s’assurer que je ne disparaîtrais pas par enchantement au cours de la nuit. Mais avant de m’endormir, je n’ai pu résister à l’envie presque cruelle (mais ne l’avait-elle pas été mille fois plus avec moi) de lui jeter cette dernière phrase au visage à présent que j’étais libéré.

  • Protection pour tout ce qui se passe à l’extérieur.
  • Huuum…?

Petite seconde de déception. Je pensais qu’elle réagirait lorsque je parlais d’aller voir chacun de son côté. Tant pis !

  • Qu’est-ce tu dis ?
  • Je dis qu’il faudra penser à mettre des préservatif quand tu recommenceras avec lui ou un autre d’ailleurs.
  • Non, ne dis pas ça !

Apparemment, j’avais fais mouche. Le fait qu’elle s’envoie en l’air avec d’autres homme ne la dérangeait pas, mais celui d’imaginer que moi, le mari transi puisse envisager de le faire ne passait finalement pas aussi bien que ça.

  • Qu’elle est le problème ? Je te rappelle que notre couple n’existe plus. Je ne te dois plus rien en tant qu’épouse. Maintenant, en tant que maitresse, à toi de me convaincre du contraire. Ah, une dernière chose. Là, tout de suite.C’est la femme ou la maîtresse que j’ai à mes côtés. C’est juste pour savoir si je peux poser une main sur toi sans me prendre une réflexion ou une attitude déplacée.
  • (Silence)

La nuit à passé. Compliquée en vérité. Impossible pour moi de fermer l’œil. Pas à cause de l’angoisse de la perdre, non, bien au contraire, excité par l’horizon de vie qui s’offrait enfin à moi. J’ai attendu qu’un mouvement de sa part me libère de l’étreinte chaude de ses bras pour descendre dans la cuisine boire un jus de fruit et surtout réfléchir à tout ce qui venait de ce passer ces dernières heures. La situation s’était brusquement retournée sans que je comprenne vraiment pourquoi. Peut-être était-ce là la vrai réponse. Ne plus se poser de questions, ne plus réfléchir. Simplement profiter de l’instant présent…

Le jour est arrivé. Ma nuit à été courte. Je me suis finalement levé avant elle. Je suis aller prendre une douche libératrice. Mon corps était encore suintant des chaudes étreintes de la nuit. Contrairement à tous les derniers jours depuis ces trois dernières semaines, je ne me suis pas posé de questions quant à la façon de me comporter avec Claire. Allait-elle me parler ou même seulement remarquer ma présence. Allait-elle essayer de retourner la situation en affichant son éternel mépris de moi ? Non, aucune de ces question n’est venue troubler la quiétude de ce matin tiède qui me voyait si heureux mais surtout… LIBRE. Libre de choisir ma destinée, libre de décider à qui parler, libre de choisir comment me comporter avec ceux qui m’entourent, libre de vivre…

J’ai finalement croisé Claire au petit matin alors que je sortais de la salle de bain. Tellement habitué à son indifférence, je n’ai pas réagi tout de suite lorsqu’elle m’a demandé en souriant si ça allait pour moi. Surprise de ma part. Retour arrière jusqu’à la salle de bain.

  • Très bien. Je te remercie.

Effectivement, jamais je ne m’étais senti aussi bien! Le pied. Je ne suis pas sûr que la réciproque était vraie. J’ai soudain réalisé que j’avais avec elle une sorte de comportement défiant. Je me suis immédiatement raisonné, réalisant que cela n’avait plus de sens. J’avais simplement retrouvé mon caractère d’avant, celui du temps où j’étais quelqu’un de bien, où j’étais quelqu’un, tout simplement. Je reprenais vie !

J’avoue ne pas avoir fait de gros effort pour être conciliant. Mais ça, c’était l’ancien Fred, celui qui pardonnait tout, celui qui s’effaçait au profit de l’autre, celui qui n’existait pas et ça, je me le suis juré ce jour-là, c’était bien terminé.

Plusieurs fois, Claire à essayé de me parler. Elle a finalement réussi à me coincer devant le dressing. Je l’ai tenu à distance verbalement (d’accord, par orgueil, mais elle l’avait bien mérité !) puis, elle m’a pris dans ses bras avec ces mots :

  • J’adore quand tu me parles comme ça, quand tu es comme ça.

Ce à quoi j’ai répliqué.

  • Il vaudrait mieux pour toi, car à présent c’est tout ce que tu auras. Ce que tu vois là, c’est moi. Je vais faire en sorte de redevenir celui que j’aimais, que les autres aimaient… Je vais à nouveau prendre soin de mon corps, mais ça c’est déjà en marche et je pense que tu peux le constater. Je vais redevenir l’expansif que j’étais, qui s’extasiaient devant les choses simples de la vie. Personne ne m’éteindra plus jamais.
    Encore une fois, tu dois comprendre que je ne te dois plus rien. Si tu me veux, tu va devoir venir me chercher, me mériter. C’est le prix que tu devras payer pour avoir ouvert la boîtes des vices et des plaisirs. Tu t’efforçais de la maintenir ouverte alors que je dépensais toute mon énergie à en rabattre le couvercle. Aujourd’hui, c’est moi qui ne souhaite plus la refermer. Au moins pour un certain temps. Car contrairement à toi, je suis conscient qu’il existe toujours un prix élevé à payer pour obtenir des plaisirs faciles.
    Mais tout cela ne te concerne plus à présent, car aujourd’hui… je vais VIVRE !

 

C’est donc ainsi que prenait fin nos 20 années d’histoire commune. Sans bruits, sans cris, sans émotions…
Nous avons décidé de nous séparer quelques mois plus tard, le temps que se termine l’année scolaire des enfants.
Nous avons finalement cohabité pendant cette période étrange qui à vu se dérouler d’autres moment encore plus étranges…

Mais ça… je vous en parlerai dans un prochain article…