mai 12

Il est temps d'être heureuxSalut tout le monde, me revoilà parmi les vivants !
Après plusieurs années d’absence, j’ai enfin pris la décision de remonter en selle.
On ne peut pas dire que la vie ait été clémente avec moi pendant tout ce temps.
Disons que la vie n’a pas été le long fleuve tranquille auquel j’aspirais.

Mais tout ça est à présent derrière moi et je compte bien vous livrer de nombreuses histoires inspirantes (je commence sérieusement à avoir de la matière 😉  ).

Bon, pour commencer, je vais reprendre là où je m’étais arrêté. Après tout, ce qui s’est passé à partir de là, vous avez le droit de le savoir et surtout… surtout… J’ai décidé de tout balancer…

Alors, accrochez-vous, ça va décoiffer !

 

Petite remise dans le contexte de l’époque…
(Pour des raisons évidentes de confidentialité, les prénoms ont été modifiés).

Jeudi 18 avril 2013

Ce matin je suis né une seconde fois. Ou bien alors serait-ce tout simplement enfin la première ?

Comme toute naissance, celle-ci s’est déroulée dans la douleur. En général, et tant mieux pour nous, on ne se souvient pas de ce premier moment désagréable où l’air emplit violemment vos poumons en chassant le liquide qui s’y trouvait et qui nous maintenait en vie dans notre cocon sécurisé. Notre cerveau choisi d’enfouir très vite cette souffrance insoutenable au plus profond de ce qui deviendra notre subconscient. Question de survie. Risible quand on pense que tout ne fait que commencer…

Oui mais voilà, moi j’aurai 46 ans le 25 de ce mois. Ma vie, elle, a déjà commencé. Elle a même failli se terminer ces dernières semaines.

Mon moment douloureux à moi, je ne suis pas prêt de l’oublier. Qui le pourrait d’ailleurs. Mon moment à moi à duré près de trois semaines. Le temps pour moi de trouver la force de survivre à un cancer de la peau qui, d’après les médecins, aurait du avoir raison de moi (mais ceci est une autre histoire), d’apprendre sept jours après l’annonce de ma guérison que ma femme me trompait depuis près de sept mois (elle avait choisi deux semaines seulement après qu’on m’ait diagnostiqué ma maladie de prendre un amant. Ne me demandez pas d’expliquer, de justifier ou même de comprendre…) et finalement de comprendre que devenir esclave par amour de celle qui a détruit votre vie n’était finalement pas vivre.

J’ai choisi d’être compréhensif avec mon épouse lorsque j’ai découvert sa liaison, sa trahison ? C’est fou ce que la peur de perdre l’être aimé peut vous faire supporter, accepter, en dépit de toutes ces « règles » établies par une société dépassée par l’évolution des mœurs de chacun. L’habitude aussi, la routine, peut causer plus de dégâts qu’on ne pourrait l’imaginer. Au départ, il y a l’amour de l’autre, le souhait de lui faire plaisir, de le combler en lui apportant satisfaction afin qu’il soit bien. Lentement, on finit par s’oublier soi-même au profit de l’autre, par oublier tout court que l’on a une vie propre, une existence qui en fin de compte ne vous appartient plus. On finit par … s’éteindre, ne plus savoir ni qui l’on est, ni ce que l’on attend de la vie, cette vie sans couleur qui a perdu toute saveur, tout attrait qui pourrait vous donner envie d’exister. Un jour, on s’aperçoit que l’on existe que pour les autres, que PAR les autres…

Bien sûr, il y a la vie de couple, AAAh la vie de couple. Mon dieu qu’aujourd’hui ce concept me parait désuet… Lorsque la routine s’est installée, que l’autre ne vous remarque même plus. Quand le mépris à remplacé les regards de tendresse, d’amour, alors, il ne reste plus rien. Plus rien que la fuite vers un ailleurs que l’on souhaiterait meilleur. Mais la réalité vous rattrape très vite. Alors commencent les conflits, les disputes injustifiées, celles nées de raison elles-mêmes injustifiées mais qui donnent prétexte à ne pas se poser les bonnes questions, celles qui pourraient finalement tout arranger. Le temps passe subrepticement, discrètement et les malentendus s’installent. Après si longtemps, pourquoi chercher à voir la réalité quand faire l’autruche est si facile, si lâche…

Moi, j’ai tout essayé afin de réveiller ce qui pouvait l’être. Mais quand l’autre vous ferme la porte, ne vous a jamais laissé la moindre chance de faire partie de sa vie, a-t-il encore volonté de sauver quelque chose ? Mais je n’ai pas voulu baisser les bras et je me suis battu. J’ai essayé de communiquer avec elle. J’ai essayé la douceur. Pas de réaction. J’ai testé le dialogue plus intrusif, plus directif. Pas de réaction. J’ai consenti à la compréhension. Là, j’ai compris que l’autre ne faisait que prendre et me méprisait chaque jour un peu plus. J’ai été jugé sur des « préjugés » qui se sont avérés faux par la suite (ce qui n’a pas forcement changé les conséquences induites par eux. Un peu facile avec le recul).

Je me suis fait violence pour comprendre la trahison de ma femme au moment où j’avais le plus besoin d’elle. J’ai passé trois semaines à parler avec elle de l’homme qui l’avait détournée de moi. Je sais, vous allez dire que je suis masochiste. Vous avez sans doute raison. Mais si j’ai agi de la sorte, c’est sans doute que j’en retirai une quelconque impression de maîtriser un minimum la situation ubuesque qui m’échappait chaque jour un peu plus.

Puis il y a eu ce soir fatidique où tout a basculé pour moi, cet instant au cours duquel j’ai subitement pris conscience de la réalité.

Nous étions encore en train de nous disputer. Pardon, je rectifie. J’essayais encore désespérément de lui faire entendre raison et surtout, de lui extirper quelques mots qui auraient pu me faire penser que j’avais encore une infime chance de sauver quelque chose de mon mariage. Je me vois encore entrain de lui dire, alors qu’elle s’efforçait du mieux qu’elle pouvait de me mépriser et de faire comme si je n’existais pas. Je lui ai alors demandé :

  • Chérie, veux-tu oui ou non de mon aide ?
  • (Regard distant, Silence)
  • Souhaite-tu finalement que je m’en aille ?
  • (re silence)

Énervement de ma part (en trois semaines, j’ai eu le temps de passer par tous les états possibles et imaginables.

  • je ne sais pas.
  • Comment ça tu ne sais pas ? Tu ne souhaites pas que je reste ?
  • Je ne sais pas…
  • Mais bon sang, est-ce une seule fois dans ta vie tu vas assumer tes responsabilités et prendre une décision ? Tu ne crois pas que le moment est plutôt bien choisi ? A moins que tout cela t’arrange et que tu souhaites finalement que ce soit moi qui prenne la décision à ta place. De cette façon, tu pourras dire à qui veut l’entendre que c’est moi qui suit parti. Tu m’écœures !
  • Non, c’est pas ça…
  • Alors c’est quoi !? Parle bon sang ! Ou je vais effectivement choisir l’option de départ !
  • Non, je veux que tu restes…
  • Pour quelles raisons voudraient tu que je reste ?
  • (Silence)
  • Bon sang, ne recommence pas ce mutisme pitoyable !
  • Je ne sais pas…
  • Tu ne sais pas ? Tu me dis que tu ne sais pas ? Est-ce que tu te rends compte que c’est moi la victime dans cette histoire ? Que je suis celui qui est trompé, qui n’a rien demandé à personne ? Malgré ça, je suis encore là devant toi à essayer de t’arracher des explications afin de te permettre de te justifier ? Dis-moi que je rêve !?
  • (silence)
  • Je veux que tu restes mais je ne veux pas que tu m’aides.
  • Mais c’est du délire tout ça !
  • Non, tu as déjà assez à faire pour supporter ce que je t’ai fait.
  • Pitié ! arrête ce numéro de victime. Je ne t’ai jamais demandé de gérer ma douleur. D’ailleurs, depuis quand t’intéresse-t-elle ma douleur ? Je peux savoir ? C’est quand même commode comme réponse pour botter en touche. J’attends encore une réponse à ma question et je ne sortirai pas de cette pièce sans en avoir une. Je te repose une dernière fois ma question. Ensuite, je fais ma valise et je disparais de ta vie. Pourquoi ne veux-tu pas de mon aide ?
  • Parce que je ne veux pas de ton aide.
  • Je ne comprends pas ta réponse.
  • Elle est simple.
  • Comment ça ? Ta réponse à ma question est ma question elle-même et tu voudrais que je me contente de ça ?
  • Tu refuses d’entendre ma réponse.
  • Ne te fous pas de moi. Lorsqu’on refuse de l’aide, on sait pourquoi. Alors dis-le moi maintenant.
  • (silence)
  • Bon, cette fois c’en est trop. Je renonce. Je rends les armes. Je te laisse avec tes préjugés et tes contradictions. Il semble que tu n’existes que dans le conflit et que finalement, tu ne souhaites pas en sortir. Ce sera donc sans moi…

Me voilà donc en partance pour la chambre, la pièces d’à côté afin de préparer ma valise. Frustré de n’avoir suscité aucune réaction censée de la part de mon épouse, je reviens à l’attaque, fermement décidé , cette fois-ci, à enfin vider mon sac, lui dire tout ce que j’ai sur le cœur. Perdu pour perdu, j’aurai au moins la satisfaction d’avoir été franc jusqu’au bout.

  • Claire, une dernière chose à te dire. Tu es une grande fille. Je te laisse à présent assumer l’entière responsabilité de ce qui va se passer. Si tu décides sur un coup de tête de foutre en l’air 20 ans de vie commune. Tu ne devras t’en prendre qu’à toi.

Plus j’avançais dans mon monologue et plus je sentais le détachement s’insinuer en moi. Était-ce vraiment la fin ? Tout allait-donc s’arrêter ainsi, sans réaction de la part de la responsable de tout cela. Je me souviens l’avoir haïe pour cela à cet instant précis. Elle avait bien manœuvré. Malgré tout, on m’imputerait tous les torts. Bien joué !

Et puis, ce léger bug dans ma tête, à l’instant où tout à enfin basculé, où tout en devenu limpide. JE devais faire ce sacrifice pour vivre. J’ai alors repris ma tirade…

Je vous raconte la suite demain…

Bises.