avril 3

fred-barPrès de 5 mois sans écrire…
Près de 8 mois de lutte acharnée contre la maladie, seul, parce qu’on est finalement toujours seul face à elle…

Finalement, j’ai gagné, j’ai vaincu la « bête ». Curieusement, je ne parviens pas encore à en tirer de la satisfaction, de la joie.
Et puis, la vie est une joueuse. Elle vous surprend là où vous vous y attendiez le moins. On croit que tout est fini, mais rien n’est jamais fini…
Tout n’est que commencement, esquisse d’un futur qui finalement ne fait que nous empêcher de vivre pleinement le moment présent.
Parce qu’en vérité, c’est ça le vrai secret.
VIVRE L’INSTANT PRÉSENT,
ne pas se focaliser sur un hypothétique avenir qui de toute façon, sera différent de ce que l’on s’était imaginé.

Tout ça nous met finalement au pied du mur et nous amène inévitablement à nous poser la question fatidique:
C’EST QUOI VIVRE?

Pour répondre à cette question, j’ai emprunté le texte d’un autre qui en parle tellement bien.
Je me suis dit que cela me laisserait le temps de me « rassembler » afin de vous offrir ces petits textes que j’affectionne tant.
J’avoue aujourd’hui ne pas être encore en état de le faire.
Mais je sais que vous me pardonnerez lorsque vous aurez lu les lignes qui suivent.
Alors bonne lecture et que celles-ci vous ouvrent les yeux sur votre vie. Qu’elles vous donnent des idées pour embellir celle-ci.

Amicalement,

Fred

(Texte de Philippe FAURE – http://philippefaure.blogspot.fr/2009/11/cest-quoi-vivre.html)

C’est quoi vivre ?

Peu de temps pour écrire sur le blog ; c’est que  » vivre » prend beaucoup de temps. Vivre, c’est quoi ? C’est admirer.
L’époque est certes au dénigrement, à la critique systématique, à la dénonciation, à la mauvaise foi, à l’égocentrisme.
Admirer évite tous ces pièges. L’admiration nous fait nous oublier.
Alors nous voilà disponibles pour s’enrichir de l’autre, et l’autre est admirable lorsqu’il crée, lorsqu’il partage, lorsqu’il s’applique à donner de l’espoir en montrant tous les possibles de l’humain.

Plus j’avance en âge et plus mon pouvoir d’admiration est immense.

Il y a les exemples « reconnus » et récents.
Johnny Hallyday qui dans son dernier clip chante Et maintenant de Gilbert Bécaud. En noir et banc, visage aux traits presque effacés.
Visage comme une empreinte. L’empreinte d’une vie profondément humaine. J’ai été frappé par ses yeux comme évanouis dans une sorte d’infini. Toute une vie à rassembler le peuple de France.
Gérard Philippe, dont on reparle un peu partout. Gracile, sombre, d’un enthousiasme presque affolé. Au service de Vilar, des grandes œuvres, celles indispensables et celles en devenir, militant, syndicaliste effréné.
Camus, qui fait encore l’actualité aujourd’hui, fou de tolérance, défenseur des droits de l’homme, agrandisseur de l’esprit humain, professeur de libertés.

Mais il ne faut jamais oublier d’admirer ceux qui nous accompagnent au quotidien, ceux qui nous aident à vivre et qui prennent soin de ne pas nous blesser.
Je pense à l’équipe du théâtre qui m’entoure. Si investie, si consciente de ses responsabilités, si unie. C’est que le théâtre demeure un lieu de chair et de sang.
Le verbe y claque comme un fouet. Les acteurs, les chefs de troupe, les poètes nous représentent le monde et nous le donne à comprendre à leur manière.

Me viennent ces quelques vers de Victor Hugo à propos de la fraternité :
« Je rêve l’équité, la vérité profonde,
l’amour qui veut l’espoir qui luit, la foi qui fonde
et le peuple éclairé plutôt que châtié.
Je rêve la douceur, la bonté, la pitié et le vaste pardon.
De là ma solitude. »
Admirables vers !

Mais vivre c’est aimer et aimer au fond n’est pas un sentiment, c’est une aventure. On s’aventure dans l’amour sans savoir ce que c’est. C’est l’histoire du  » juste un peu » et du « presque rien », c’est comme ça. Comme une frontière.

L’amour c’est le regard que l’on pose autour de soi. Aimer c’est regarder, c’est aussi simple que ça. Dès que l’on rentre dans le questionnement, c’est foutu, car il n’y a pas de réponse.

J’aime regarder. Le silence du regard dit tout. Le regard ne ment pas. Je voudrais écrire un spectacle sur le regard justement. Souvenons-nous du Regard du sourd de Bob Wilson. Titre et spectacle admirables.

Vivre c’est donc admirer, regarder, mais c’est aussi accepter. Accepter que l’avenir c’est maintenant, à chaque seconde, à chaque instant.
Seuls comptent les actes d’aujourd’hui (ce sont eux qui justement construisent l’avenir). Chaque instant est un miracle en soi. Puisque nous sommes vivants.
Toujours vivants. Se projeter dans l’avenir, selon l’expression coutumière, est une hérésie. Cela voudrait dire que l’on se réjouira plus tard. Folie.
Lorsque je regarde mes enfants, que je les étreints, que je les embrasse, que l’on se parle, je me dis que la vie est là. Et avec la vie, la tendresse.

Beaucoup d’événements personnels et professionnels m’engagent à vivre généreusement. Ecrire ces derniers mots me rassurent comme si tout n’était pas perdu, mais au contraire comme si tout commençait toujours.

En tous cas fuyons les petites mesquineries, les petites jalousies, les petites trahisons, les petits arrangements, les petits mensonges comme la peste. Fuyons tout ce qui nous rend petits !

Philippe Faure